Hanna Jones – Chapitre 1 et 2

Aujourd’hui, je vous dévoile les deux premiers chapitres de mon roman “Hanna Jones” ! C’est un bit-lit mélangé à une histoire d’amour. Deux styles dont je ne me lasse pas. Entrez dans mon univers…
J’éspère que vous apprécierez 🙂 Je vous souhaite une très bonne lecture.

 

***

PROLOGUE

Je n’avais jamais ressenti une douleur pareille. Je pouvais sentir mon essence même s’évanouir en moi, aspirée, avalée par le démon accroché à mon cou. Mes membres, totalement endoloris et à bout de force, vacillaient par la puissance de la morsure. Mon esprit m’alarmait que c’était la fin, qu’il n’y avait plus aucun espoir. Je repensais alors à lui, priant pour le revoir juste une dernière fois.

***

CHAPITRE 1

Hanna Jones

L’odeur des pancakes me réveilla. J’ouvris les yeux tout doucement pour ne pas être éblouie par la lumière du jour. Inutile, constatai-je quelques secondes plus tard, puisqu’il était encore tôt et que les rayons du soleil commençaient à peine à entrer dans ma chambre. Je profitai de ces quelques instants de détente pour me rouler dans ma douce couette et me perdre dans mes rêveries. Mais ma mère ne l’entendait pas de cette oreille. Sa voix mélodieuse résonnait jusqu’au premier étage. Le petit-déjeuner était servi.
Après un effort colossal, je sortis de mon lit et rejoignis mes parents à table d’un pas lourd et fatigué. Ils se tenaient près l’un de l’autre et se chuchotaient des mots doux, comme un jeune couple à leur premier rendez-vous. L’amour et la joie qui envahissaient la pièce ne pouvaient que me donner le sourire et me rendre de bonne humeur. Je laissai échapper un sourire.
Ma mère et mon père étant heureux, je ne pouvais que l’être en retour. Je les regardai attentivement. Ils étaient si jeunes. Les pommettes parfaitement dessinées de ma mère et les yeux verts de mon père étaient mon héritage. Et, sans doute, leur mauvais caractère aussi.
— Qu’est-ce qu’il se passe, Hanna ? se moqua ma mère en m’observant. Tu as vu un fantôme ?
— Je m’aperçois à quel point je vous aime, rétorquai-je encore un peu endormie.
— Elle nous fait une déclaration, Lily !
Mon père, Dean, s’esclaffa suivi de ma mère. Ils me sourirent et m’embrassèrent tour à tour le front. Ils étaient si beaux, si contents.
Me dégageant de leur étreinte, je me souvins tout à coup que j’étais descendue pour prendre mon petit-déjeuner.
C’est à ce moment précis que mon monde merveilleux vacilla. Dans mon assiette se trouvaient des pancakes grignotés par des asticots et autres insectes tout aussi répugnants. Ils gigotaient et grossissaient à vue d’œil dans mon plat. Il faisait sombre dans la pièce et le ciel, que je pouvais apercevoir par les baies vitrées de la cuisine, était d’un violet angoissant. L’ambiance était oppressante et les murs tanguaient dangereusement. Je m’agrippai à la table pour ne pas tomber dans les vapes. La sueur s’était déjà formée sur mon front. Je rassemblai le peu d’énergie et de courage que j’avais pour affronter ce cauchemar. Mes parents me dévisageaient désormais. Mon père fit un premier pas vers moi. Il agrippa mes épaules et me plaqua contre le mur avec une puissance surhumaine. Je laissai échapper un cri de douleur tant mon dos et l’arrière de mon crâne me faisaient souffrir. Je n’arrivais pas bien à inspecter les dégâts, mais ma main pleine de sang tâtant mon cuir chevelu me faisait dire que c’était mauvais signe. Ces deux êtres n’étaient plus mes parents. Ils n’avaient rien d’humain. Ils bougeaient et ricanaient face à moi, mais leurs corps étaient dans un état de décomposition et leur odeur me donnait la nausée. Leur peau était grise avec d’innombrables morsures et de coupures…
— Nous t’avions prévenue, Hanna ! C’est ton tour maintenant ! hurla « ma mère » d’une voix stridente.
Je criai de toute mes forces en espérant les faire fuir… Les yeux de « ma mère » étaient d’un noir où il était sans doute possible de s’y perdre et de ne plus espérer y sortir. Ses si belles pommettes avaient disparu, remplacées par des joues creuses comme celles d’un cadavre. Sans compter les deux gros cernes mauves sous ses yeux. C’était un démon. Pire, un vampire…
— Hanna ?? Hanna ! m’interpella quelqu’un près de moi.
Grâce à cette voix que j’entendais au loin, le vampire et la pièce où je me trouvais commençaient à disparaître en fumée, comme par magie. Rien de tout cela n’était réel. Chaque meuble et chaque bibelot de la maison disparaissaient les uns après les autres. La cuisine disparut à son tour. Il ne restait plus que mes parents… ou plutôt ces démons prêts à me tuer. Leurs yeux dangereusement noirs me fixaient toujours jusqu’à ce que l’obscurité commence à envahir ma vision.
— Hanna !
Je jetai un dernier regard à leurs visages. Ils avaient un sourire diabolique. Je laissai place au noir total, puis… c’était fini. Ce n’était qu’un cauchemar. Mon cauchemar habituel…
J’ouvris doucement les yeux. J’étais allongée dans mon lit en sueur et effrayée, une fois de plus. Ethan était assis à côté de moi et tentait de me calmer en caressant tendrement mes cheveux. La lune éclairait légèrement la pièce, me permettant de voir le visage de mon ami. Sa joue droite portait la marque de son oreiller et ses cheveux blonds étaient tout ébouriffés. L’inquiétude se lisait dans ses yeux. Chaque nuit depuis deux ans, il courait dans ma chambre car il m’entendait crier. Il m’aidait à reprendre mes esprits et à me rendormir. Sa patience n’avait-elle aucune limite ?
— Toujours ce mauvais rêve, je suppose ? me demanda-t-il entre deux bâillements.
— Oui. Je pensais m’être habituée mais… je suis toujours aussi terrorisée.
— Ne sois pas dure envers toi-même…
Je vivais dans une famille d’accueil à Camden dans l’état du New Jersey depuis la mort de mes parents, deux ans auparavant. C’était une des villes les plus dangereuses des États-Unis, mais je me sentais en sécurité avec Ethan. Lui aussi avait perdu ses parents. Nous nous comprenions mieux que quiconque. Il était ma famille à présent. Je fêterais mes dix-huit ans dans trois jours. Ethan m’avait toujours promis de quitter ensemble cette maison le jour de mon anniversaire. Pour enfin tirer un trait sur notre passé. Je ne savais pas où il avait prévu de nous emmener, mais rien que le fait d’imaginer goûter à nouveau au bonheur me renversait de joie.
Mon corps commençait à se décontracter depuis mon réveil en fanfare. Mes muscles étaient plus légers et moins douloureux. La fatigue n’allait pas tarder à prendre le dessus. Ethan n’arrêtait pas de me regarder avec ses grands yeux bleus. Il s’inquiétait à mon sujet, comme chaque soir.
— Dors, ma douce Hanna, me chuchota-t-il.
Il s’éloigna de mon lit et fit quelques pas vers la porte. La panique me submergea en quelques secondes. Non ! Je ne veux pas me retrouver encore seule. Me dégageant de la couverture, j’attrapai à temps son poignet. Il ne pouvait pas me laisser, pas après ça. Il se retourna vers moi, pris de court.
— Tu… tu peux rester dormir avec moi ? S’il te plaît, Ethan, le suppliai-je.
Il me toisa pour savoir si je divaguais ou si j’étais sérieuse. À vrai dire, c’était la première fois que je lui demandais ce genre de chose. Cette fois-ci, j’étais morte de peur.
— Si tu veux, répondit-il avec un sourire charmeur qui dévoila ses belles dents blanches. Je n’y vois aucun inconvénient. À condition que tu t’endormes vite !
Je me poussai vers l’autre extrémité du lit pour lui laisser ma place chaude. Je ne m’attendais pas à ce que l’autre côté soit aussi gelé. Les frissons recommencèrent à parcourir mon dos et je me mis à grelotter bruyamment. Ethan se faufila dans le drap à côté de moi et rigola en entendant mes dents claquer. Il souleva son bras pour que je puisse me blottir contre son épaule. Les contacts physiques de ce genre n’étaient pas habituels entre nous, mais j’étais tellement fatiguée que je ne résistai que quelques secondes. La chaleur de sa peau était un vrai régal. Je pouvais enfin dormir tranquillement et finir ma nuit.

***

CHAPITRE 2

Mon réveil sonna à neuf heures du matin. La radio se mit en route comme chaque matin. Un groupe de rock jouait mon morceau préféré. J’ouvris les yeux, agréablement surprise, et laissai l’appareil allumé. Ethan pionçait toujours à côté de moi. Je pensais qu’une fois que je dormirais, il partirait rejoindre sa chambre… Je m’étais trompée. Décidément, je sentais que cette journée allait être parfaite ! Mes parents adoptifs, Paul et Sasha, étaient déjà partis au boulot. La salle de bain était donc totalement à moi. La douche chaude me fit un bien fou. Mes muscles si endoloris la veille revivaient sous l’effet de la chaleur. Mon gel douche sentait la fraise. J’adorais l’odeur. Une fois lavée de la tête aux pieds et saucissonnée dans ma serviette, je me retournai devant le miroir plein de buée. D’un coup de main je l’essuyai. Je fus choquée de voir mon visage autant marqué par la fatigue. Des cernes violets commençaient à se dessiner sous mes yeux. Mes joues se creusaient plus que d’habitude et mes yeux verts ne pétillaient plus comme avant. Les cauchemars s’étaient intensifiés depuis ces dernières semaines. Ils étaient plus puissants et plus réels. Je me reposais que très peu.
J’essayai par tous les moyens de brosser mes longs cheveux châtains et de les attacher en une sorte de chignon. Chose assez difficile avec mes boucles rebelles.
— J’ai l’impression que tes cheveux vont avoir ta peau ! s’exclama au loin Ethan qui s’empêchait de rire.
— Très drôle !
Je le vis éclater de rire par ma porte légèrement entrouverte. À ce rythme, j’allais être en retard au boulot. Une fois le chignon en place, j’attrapai les premiers habits qui me venaient. Débardeur blanc, jean foncé et baskets noires montantes. Basique et discret, exactement ce qu’il me fallait.
— J’y vais Ethan ! m’exclamai-je tout en cherchant mon sac à main.
— Très bien, on se voit plus tard !
Nous travaillions dans un restaurant à quelques kilomètres de la maison. Ethan s’occupait de la préparation des plats et moi du service. Le patron n’était pas très courtois, les clients peu aimables, mais ça payait bien. Si je voulais partir de cette maison à temps, il fallait bien faire des compromis. J’avais abandonné l’école à l’âge de seize ans. La géographie, les dissertations… très peu pour moi. Ethan, par contre, du haut de ses vingt-et-un ans avait obtenu son baccalauréat avec mention.
— Avant de partir, je voulais te remercier pour hier. Merci aussi d’être resté cette nuit, rien ne t’y obligeait.
— Hanna, tu ne devrais même pas me dire ça. Après tout, c’est le rôle d’un frère.
Ses paroles me firent chaud au cœur. Il n’avait pas tort. J’aurais fait la même chose pour lui. Ayant mis, enfin, la main sur mon sac, je me précipitai jusqu’à la porte d’entrée et la claquai derrière moi.
Camden. Drogue, meurtre et saleté. Rien de bien excitant dans cette ville. Si vous ne vous faites pas avoir par une balle perdue, vous aurez gagné votre journée ! Voilà ce que tout le monde se disait chaque jour. Les quartiers les plus malfamés étaient infestés de dealers. Impossible d’y pénétrer ou de s’y approcher. C’est à Liberty Street que l’on y comptait le plus de meurtres. Le peu de policiers qu’il restait à Camden n’osait même plus y aller. Un paquet d’entre eux étaient morts ou du moins n’en étaient plus sortis.
Heureusement, le restaurant où je bossais était loin de tout ça. Aucun braquage depuis mon arrivée et j’espérais que ça continuerait longtemps. Après avoir longé la rue et contourné une autre avenue, j’arrivai enfin à destination. L’enseigne « Chez Molly » se détériorait de jour en jour. Les néons roses étaient prêts à exploser d’un moment à l’autre et les lettres faites de métal étaient rongées par la rouille. J’espérais qu’elles ne tomberaient pas sur la tête d’un client.
La petite clochette accrochée au-dessus de la porte d’entrée sonna à mon arrivée. J’aperçus quelques clients prenant déjà leur petit-déjeuner. La décoration du restaurant était assez rustique ce qui lui donnait un côté chaleureux et dépaysant contrairement à l’extérieur. À mon avis, c’était ce que les clients venaient chercher. Après avoir salué tous les employés et le chef, je m’attaquai comme tous les jours à mes activités. Ethan Roy fit son apparition à onze heures tapantes et fila à la cuisine sans attendre. Les clients s’impatientaient vite aujourd’hui et se montraient encore plus irrespectueux que d’habitude. Sans doute à cause de l’orage dehors qui grondait depuis peu. Il devait leur taper sur le système.
Malgré tout, la journée était vite passée. Ethan m’avait rejoint quelques minutes lors de ma pause-déjeuner. Je n’avais pas très faim. Le vent menaçait de m’emporter, m’empêchant de profiter pour décompresser.
Un couple d’une trentaine d’années arriva sur le coup des vingt heures complètement trempés. Je me dirigeai vers eux d’un pas assuré afin de les placer à une table.
— Bienvenue chez Molly ! dis-je d’un professionnalisme impeccable. Avez-vous réservé ?
— Non, répondit le jeune homme, nous n’avons fait aucune réservation.
Ils n’avaient pas prévu un tel déluge. Les cheveux de la femme blonde dégoulinaient sur son chemisier blanc et la pauvre portait des chaussures ouvertes. Les dégâts étaient moindres chez son mari. Après les avoir installés à la table numéro neuf, je leur laissai la carte afin qu’ils choisissent. Je jetai un coup d’œil à ma montre. Quel soulagement, l’heure de la pause arrivait. Depuis plus d’une heure, je souffrais d’étranges vertiges. C’était certainement dû à la fatigue ou le fait d’être debout depuis bien trop longtemps. Après m’être rafraîchie le visage, je rejoignis Ethan à l’arrière du bâtiment qui donnait sur une ruelle déserte. Seul le vent s’était enfin calmé. L’air était agréablement humide et frais.
— Coucou, sœurette ! dit Ethan, appuyé contre la porte de sortie pour ne pas être trempé par la pluie.
— Salut. Dure journée, n’est-ce pas ?
— Très… Je n’en vois plus la fin.
Des petits cernes s’étaient dessinés sous ses yeux bleus clairs au fil de la journée. Je m’étais toujours dit qu’Ethan n’avait pas l’allure d’un cuisiner du haut de son un mètre quatre-vingts, mais plutôt d’un athlète. N’importe qui se sentirait en sécurité auprès de lui.
L’impression d’être observée me submergea tout à coup. Surprenant, puisque personne n’avait pour habitude de fréquenter cet endroit interdit au public. Mais cette sensation ne me quitta pas pour autant. Aucun lampadaire n’allumait cette satanée ruelle. Aucune chance de savoir si je disais vrai.
— Ça ne va pas ?
— Je ne sais pas, je ne me sens pas très bien.
Un bruit provenant de là où nous nous trouvions nous fit tous les deux sursauter. Quelqu’un nous observait depuis tout à l’heure, aucun doute !
— Viens, Hanna, on sera plus en sécurité à l’intérieur.
J’étais bien d’accord avec lui. Je n’allais pas me faire prier pour rentrer. Ethan me paraissait très nerveux. Me retournant une dernière fois vers la ruelle avant de franchir la porte, j’aperçus alors deux taches blanches dans l’obscurité qui me faisait étrangement penser à une paire d’yeux. Des yeux de démons… Oui, il fallait que je rentre !
Le temps de donner l’addition à la table numéro deux et servir le café à la table quatre, le couple de la table numéro neuf avait choisi le menu. Munie d’un bloc-notes, je me dirigeai vers eux. La femme était mignonne, un peu trop maquillée certes, mais agréable, comparée à son compagnon. Ils ne devaient pas être de la région, ni même du pays. Beaucoup trop distingués et riches pour vivre à Camden. Une fois leurs plats écrits, je déposai ma feuille à la cuisine sans attendre. Ethan ne tarderait pas à s’en occuper.
Les vertiges s’étaient transformés en une douloureuse migraine. Je m’appuyai contre le mur, près de la cuisine pour que personne ne me voie. En planquant mon front contre le mur en béton, j’espérais qu’il adoucirait ma douleur. Hélas, ça ne servait à rien ! L’odeur de viande et de sauce au curry parvint jusqu’à mon nez. Mon estomac vide laissa échapper quelques gargouillis. Si seulement j’avais plus mangé à ma pause-déjeuner ! La clochette de l’entrée retentit. Un nouveau client arriva. Ce nouveau client avait une certaine prestance. Il portait les cheveux bruns légèrement en bataille et devait mesurer quelques centimètres de plus qu’Ethan. Difficile de ne pas le dévorer des yeux. Sa tenue était sombre, il était seulement vêtu de noir avec un très long blouson en cuir. Il était très séduisant. Malheureusement, Melinda, une autre serveuse, se précipita à sa rencontre et le plaça à une table dont elle seule pourrait s’occuper. La garce…
Après quelques minutes, les plats du couple étaient prêts à être servis. Je m’emparai alors des assiettes. Ce n’était pas l’envie qui me manquait de leur piquer quelques frites.
Me dirigeant vers les deux clients, une chose étrange se produisit. Ma vue se brouilla et c’était plutôt mauvais signe… Tout autour de moi devint noir, comme une brume qui n’indiquait rien de bon. J’allais tomber dans les pommes à coup sûr. Il fallait que je dépose ces assiettes au plus vite. Presque arrivée à leur table, je leur dis :
— Voilà vos menus ! Bon appé…
Ils se tournèrent vers moi dans un seul et même mouvement. Ce n’était plus des humains ! Ils ressemblaient aux monstres de mes cauchemars. Visages livides aux yeux d’un noir profond. Prise d’une violente panique, j’avais le souffle court. Mes mains étaient moites et le rythme de mon cœur n’arrêtait pas de monter. Est-ce que tout ceci était réel cette fois ? Leurs visages démoniaques étaient squelettiques. Du sang dégoulinait abondamment de leurs bouches. La salle empestait l’odeur de l’hémoglobine. La main ensanglantée et glacée de l’homme m’attrapa le poignet avec une rapidité inhumaine. Ce contact affola tous mes sens et mon instinct de survie me cria de déguerpir ! Je frôlai la crise cardiaque. Je ne pouvais pas me débattre à cause des assiettes toujours en mains. Le démon plongea alors ses grands yeux noirs dans les miens. Ils avaient perdu toute part d’humanité. Je jetai un rapide coup d’œil autour de moi. Personne ne bougeait, les gens étaient trop concentrés à parler ou manger. Je compris que personne n’assistait à cette scène mis à part moi ! Ce vampire, toujours en train de me fixer, se mit à prononcer quelques mots avec une voix venue d’outre-tombe :
— Hanna, c’est ton tour.
J’eus la nette impression que mon sang s’était arrêté de circuler. Ces simples paroles m’avaient pétrifiée. Il venait de dire ce que les démons me répétaient sans cesse dans mes rêves. Je me mis à hurler le plus fort possible pour que les gens autour de moi me viennent en aide. Je n’avais plus d’air dans les poumons. Je paniquais à l’idée de ne pas pouvoir m’en sortir. Je me libérai de son emprise d’un coup si violent que je fis voler les assiettes à l’autre bout de la pièce dans un fracas assourdissant. Ma vision devint encore plus trouble. Mes tympans vibraient et mon cœur était à la limite de l’explosion. La sueur coulait le long de mon dos, j’étais trempée. Je n’en pouvais plus ! Puis, plus rien. Aucune sueur, aucun mur qui bougeait, aucun monstre. Tout s’était évaporé en quelques secondes, comme par enchantement. L’illusion avait pris fin en emportant ces monstres et ma peur. Malheureusement les clients me fixaient comme si j’étais la fille la plus cinglée de Camden. Le couple devant moi avait l’air terrifié et se demandait s’ils devaient dès maintenant prendre leurs jambes à leur cou et déguerpir de ce restaurant le plus vite possible. Puis, à nouveau, tout devint obscur en quelques secondes. Ma tête s’écrasa finalement contre le sol froid du restaurant.

1 Comment

  1. Mary Sara

    13 juin 2018 at 13 h 47 min

    J’aime beaucoup ces deux premiers chapitres, ça donne envie de connaitre la suite et de suivre ces personnages. Bonne continuation

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Sophie

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