Interview #4 – Angéline Michel

S’il y a bien quelque chose que j’adore lire, en plus de mes bouquins, c’est les interviews des personnes dont je suis fan. 

L’auteur Angéline Michel a eu la gentillesse de répondre à quelques questions… Mardi, j’avais chroniqué son superbe livre “Le goût du bonheur”, mon coup de cœur.

Je vous laisse découvrir tout ça !

1/ Angéline, depuis quand l’écriture te passionne-t-elle ? Est-ce ta vocation depuis toujours ?

J’ai commencé à écrire de petites histoires vers 11-12 ans. Mais l’évènement qui a vraiment déterminé mon envie d’écrire est la participation de ma classe en 2007-2008 au Prix Goncourt des Lycéens. Lorsque j’ai appris que nous allions faire partie du jury, j’étais complètement surexcitée!À cette occasion, j’ai eu la chance de découvrir gratuitement une grosse dizaine de romans de rencontrer leurs auteurs, parmi lesquels Delphine de Vigan et Olivier Adam. En découvrant ces derniers, j’ai été vraiment surprise de leur simplicité. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais en tout cas pas à des gens aussi accessibles. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à croire que c’était, peut-être, un rêve abordable avec beaucoup de travail.
J’ai cherché un poste dans le milieu de l’édition et de la presse, sans succès. On ne me proposait que des stages.
Ma vie active a démarré et j’ai un peu oublié l’écriture jusqu’à l’année dernière. Je lis beaucoup, et je venais de tomber sur quelques romans que j’ai jugé un peu « faciles ». En refermant l’un d’eux, j’ai dit à mon compagnon : « Dans ce cas, moi aussi je peux écrire un livre ! » et en riant, il m’a répondu : « Cap ? Je suis sûr que tu peux le faire ! ». Et voilà, un an après, Le goût du bonheur est disponible sur Amazon !

2/ J’aime connaitre dans quelles conditions se met un auteur pour trouver l’inspiration et écrire. Quelles sont les tiennes ?

Pour venir à bout de mon premier manuscrit, je me suis obligée à travailler au moins une heure tous les soirs et environ trois à quatre heures par week-end.
Je travaille de mon salon, pour ce qui est du premier jet. J’aime être dans l’animation, travailler avec de la musique, des photos étalées devant moi, et mon chien à mes pieds. J’utilise beaucoup de souvenirs, de moments qui m’ont marqué pour étayer mon récit. Pour les corrections et les relectures, je me suis récemment aménagé un petit bureau sous l’escalier. Cela me permet d’afficher devant moi tout l’univers du roman, d’être dans ma bulle.

3/ Les points forts de ton roman “Le goût du bonheur” sont les descriptions de l’île où vit Valentina, et les sentiments qu’éprouvent les deux femmes le long de l’histoire. J’ai trouvé que tu décrivais parfaitement, au détail près, l’ile de La Maddalena. Est-ce que tu as déjà été ?

Oui, j’y ai passé une semaine l’année dernière. Ce qui a beaucoup surpris les habitants de l’île, car peu de touristes restent sur l’île aussi longtemps : elle est vraiment toute petite ! Cela dit, c’est un endroit charmant et propice à l’imagination. Nikola et Valentina, les personnages centraux de l’histoire, ont vraiment été inspirés par le bijoutier et la serveuse d’un bar du centre ville. En regardant ces gens, l’histoire a germé doucement dans mon esprit…

4/ Que ressens-tu lorsque tu tapes le point final de ton roman ?

Honnêtement, du soulagement. Il y a eu des moments, au cours du récit, où j’ai eu quelques doutes. Allais-je réussir à finir ? Et si c’était mauvais ? Si je faisais tout ça pour rien ? Quand le point final a été posé, ça a été une première victoire… Et puis j’avais gagné mon challenge auprès de mon copain : j’avais écris un livre tout entier !

5/ Tu es autoédité. D’après mes recherches sur ton blog (lien du blog), ce choix n’a pas été par défaut. C’est un véritable choix… Qu’est-ce qui t’a fait choisir ce chemin-là plutôt que les maisons d’édition ? Le conseilles-tu pour un auteur en herbe qui hésite entre les deux ?

Ce choix est d’abord dû à ma soif de créativité, et surtout à mon impatience. Lorsqu’on finit son manuscrit, il s’ensuit des mois de relectures, de corrections. C’est une période où on fournit énormément de travail, on cherche des maisons d’édition qui ont la même ligne éditoriale que le roman qu’on propose et puis… Tout s’arrête. Un fois que le manuscrit est parti, on part pour des mois entiers d’attente. Il y a un vide.
Je ne pouvais pas laisser mon roman en désuétude tout ce temps. Il fallait que je le porte encore un peu. Et puis, j’étais curieuse d’en savoir plus sur un lancement de livre.
Parallèlement à ça, j’ai reçu une première réponse positive, en édition partagée, et j’ai découvert ce qu’était le monde de l’édition. Un jeune auteur ne perçoit en moyenne que 6% du montant de son livre, n’est payé que tous les 10 mois et ne choisit pas le nombre de tirages. Pour info, on me proposait un tirage de 300 exemplaires disséminés aux quatre coins de la France, soient 1 à 2 exemplaires de mon livre cachés dans les rayons de quelques librairies. Dans ces conditions, c’était l’échec assuré.
Étant commerciale de métier, j’ai pris le pari de commencer à vendre quelques exemplaires par moi-même. Je ne dis pas que je ferai mieux qu’une maison d’édition, loin de là, mais je peux commencer à montrer que mon roman est peut-être digne d’intérêt, et gagner au passage un peu d’argent tout de suite, pour payer la promo de mon roman. C’est un engrenage : plus j’en vends, plus j’ai les moyens de le promouvoir : c’est extrêmement motivant.
Pour conclure, voila ce que je dirais à un autre jeune auteur : l’auto-édition est un passage quasi-obligatoire pour obtenir un tirage intéressant auprès d’une maison d’édition. Et un tirage intéressant est obligatoire pour avoir de la visibilité dans les librairies, et donc, vendre. L’auto-édition et la maison d’édition ne sont pas deux modes de publication contradictoires : elles sont totalement complémentaires.

C’est pour ça que je rappelle sur mon blog qu’il ne faut pas rougir d’être auto-édité. Il faut en être fier. Regardez le parcours d’Aurélie Valogne !!

6/ Dernière question avant de se quitter, quel est ton roman préféré et pourquoi ?

Un seul ?? C’est vraiment dur…
En tant que lectrice : j’ai adoré « Mange, prie, aime » d’Elizabeth Gilbert. Il allie des thèmes qui me sont chers : la condition de femme, la reconstruction personnelle et le voyage. C’est une vraie incitation à l’évasion.
Cela dit, en tant qu’auteure, j’ai un vrai coup de cœur pour les romans de Jojo Moyes. J’ai dévoré tous ses livres. J’aime énormément l’écriture de cette auteure, ses personnages attachants et l’ambiance des pays anglo-saxons qu’elle décrit.

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Sophie

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